Place du Jeu de Balle : la politique du fait accompli?

Ce dimanche 11 juin 2023, un triste record a été battu en Belgique. Avec 31,2 degrés à Uccle, c’est désormais le 11 juin le plus chaud depuis le début des mesures de températures quotidiennes, en 1892. Un record qui devrait ê latre à son tour pulvérisé dans les années à venir. Il faut dire que durant la période estivale, c’est un champ lexical de cauchemar qui, désormais, dépeint ce qui nous arrive : îlots de chaleur, canicules, conséquences de méga feux, stress de chaleur, sécheresses, pics d’ozone, vagues de chaleur… dans des quartiers densément construits et peuplés comme les Marolles, on le ressent fortement. Pour le dire simplement, on crève de chaud quoi !

Il faut d’urgence développer des stratégies d’adaptation au changement climatique. En ville, on sait que les surfaces minérales telles que le tarmac, les briques ou le béton  absorbent la chaleur du soleil comme des éponges en journée et la rejettent une fois la nuit venue. Ces îlots de chaleur créent des bulles de températures élevées au-dessus des villes. Pour contrer ce phénomène, nous n’avons pas beaucoup d’autres choix que d’avoir des attentions différentes au niveau de la construction, mais surtout d’enclencher la déminéralisation de surfaces asphaltées et d’accorder une plus grande place au végétal, qui lui, permet de rafraîchir l’air ambiant.

Dans notre précédent numéro, l’article Promenade sous les arbres s’est intéressé de plus près aux robiniers faux-acacia de la place du Jeu de Balle, et nous proposait de faire de même. Coquin de sort ! Le 30 mars, la Ville de Bruxelles introduisait une demande de permis pour planter 66 arbres sur la place du Jeu de Balle. À première vue, cela sonne plutôt bien… sauf que dans l’esprit de nos échevin·e·s, cela signifie l’abattage de la trentaine d’arbres, bien vivants, présents actuellement sur la place ! À l’heure où les effets du réchauffement climatique se font bien sentir, ne serait-il pas temps de comprendre et de mettre en pratique les recommandations du rapport du GIEC quand celui-ci préconise la conservation de tous les arbres existants ?

À ce stade, nous n’avons que la communication de la Ville qui prétend que ces robiniers au feuillage pourtant bien vert sont malades. Une expertise devrait nous faire connaître de quelle maladie ils souffrent. 

Nous espérons vraiment que cette maladie ne s’appelle pas « campagne électorale »

et que les 66 nouveaux arbres qui ont poussé dans l’esprit de certain·e·s échevin·e·s à l’approche des élections ne représentent pas un cheval de Troie qui permettrait d’imposer en catimini un réaménagement non concerté de la place du Jeu de Balle. En d’autres termes, la Ville prépare-t-elle une opération 

«  d’embellissement » (toute relative et discutable) du Vieux Marché alors que le Contrat de quartier touche à sa fin et que les sujets épineux des arbres et des pavés de la place ont été soigneusement laissés en dehors du processus de « participation citoyenne » ? L’avenir proche nous le dira, la vigilance reste de mise !

Le Pavé