Nioufritkot ?

Marion Lemesre, échevine du Commerce de la Ville de Bruxelles, lance un concours pour établir un modèle uniforme de baraque à frites…

Madame Chapeau en parle à sa voisine :

— Dites, savez pas ce qu’ils ont encore inventé ? Non ?! Awel voilà mainant qu’ils vont remplacer les fritkots par de nouveaux édicules disègne. Ouéé ! Moi je dis que ça va être des zédicules ridicules. Ceux qu’y a, ça leur va pas. Celui de la place de la Chapelle n’est pas assez chic, paraît. Sans doute trop populaire à leur goût. C’est l’Échevine du Commerce de la Ville de Bruxelles (en abrégé : Lécévébé) qui l’a dit. Eh bien, Lécévébé elle veut un modèle uniforme, où qu’on voit alors qu’on est bien à Bruxelles quand ce qu’on est devant ce nouveau modèle universel.

— Oué mais alors, si c’est un modèle universel, comment est-ce qu’on va voir qu’on est à Bruxelles ? (D’abord, qui c’est le slumme qui sait pas où il est ?! Il se lève le matin, et il se demande : où suis-je ?)

— Non, Lécévébé veut dire : universel juste pour Bruxelles, pas pour Saint-Josse ou Saint-Gilles. Mais quamême un modèle passe-partout, comme à Nouillorque ou à Paris.

— Aah? Je savais pas qu’y zavaient des fritkots ossi à Nouillorque et à Paris ; je croyais que c’était une invention belge.

— Enfin, Lécévébé veut un modèle bruxellois, mais de style international, mais qui fait que quand on le voit, on sait qu’on est à Bruxelles quamême.

— Mais alors, pourquoi pas les laisser comme y sont mainant ?

— Pasque Lécévébé trouve ça pas assez chic, même plutôt vulgair.

— Vulgair, vulgair ? Elle se croit sans doute sortie de la cuisse de Jules Peeters ? M’enfin, manger des frites en rue, c’est ça justement qui est populaire (et pas vulgair, qu’essequ’elle croit celle-là?).

— Oué, mais Lécévébé veut rendre ça trendy, hype, à la mode, quoi.

— Pasqu’y a une mode mainant pour manger des frites ?

— Tu comprends rien à ce qu’elle veut : elle veut vendre des frites chic dans un édicule chic, à des gens chic. Pas pour nous, quoi.

— Mais alors si je comprends bien, ça va être un Bruxelles qui n’est plus Bruxelles, mais un Bruxelles redessiné pour touristes chic. Elle va sans doute appeler ça Nioubrussels.

— Chhht, pas trop fort : Pascal Smet pourrait nous entendre et s’y mettre ossi, et quand y commence, çui-là…

— Yende, bende stouffers !

• Patrick Wouters

Collage : Sabine De Coninck

Des fritkots tous les mêmes,
c’est tout c’que t’as trouvé ?
Mais potverdekke breuke,
qu’est-ce qu’on va s’embêter !
Allez, c’est vrai quand même,
c’est pas moi qui l’a dit
L’uniformalité, c’est l’début de l’ennui !
(Mis au goût du jour par Isabelle Marchal)

4 pensées sur “Nioufritkot ?

  • 1 novembre 2017 à 12 h 25 min
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    D’abord les terrasses maintenant les fritkots et puis….

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  • 5 novembre 2017 à 10 h 50 min
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    Je suppose que dans le futur obtenir une autorisation pour ouvrir une friture, ce sera uniquement possible en ayant le coup de piston d’un ministre ou la Lemesre dans sa poche ?
    Elles seront attribuées par soumissions ?
    Ils vont vous inventé une taxe sur les sauces ?
    Cela devient insupportable, toute ces décisions débiles à l’encontre de toute logique,
    Comment est t’il possible que l’incompétence de certains leurs donnent autant de pouvoir sans garde-fou ?
    Prochaine étape c’est quoi ? les brocanteurs seront obliger de louer des magasins d’Etat ?

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  • 6 novembre 2017 à 9 h 28 min
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    On a daijà un modaile univairsel de politiek, alors les fritkots…

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  • 12 novembre 2017 à 21 h 58 min
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    D’accord avec madame Chapeau,si on na plus nos fritkots bien d’chez nous, ouestcequ’on va???je voul’demande.
    Le charme de Bruxelles s’en va ,lentement mais sûrement. Qui monte une pétition contre cette proposition?
    Jacques Brel va se retourner dans sa tombe!

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