Marollien-ne-s, mettons notre nez dans le Contrat de quartier !

En avril dernier, “Pavé dans les Marolles” sortait son n°0, un petit quatre pages ajoutant une voix dissonante au concert de “fun” et “d’authenticité” qu’avait lancé une galerie d’art pompier de la rue Haute : ces Parisiens avaient de grands projets pour notre quartier, ils voulaient y attirer toute la place du Châtelain et les eurocrates de Bruxelles réunis. Quelques mois plus tard, les galeristes ont fermé boutique et sont rentrés à Paris. On ne va pas les pleurer.

Six mois plus tard, “Pavé dans les Marolles” revient avec son n°1. Toujours le même projet : un journal conçu par des habitant.e.s, travailleur.se.s et usagers des Marolles. Aujourd’hui, l’actualité du quartier, c’est le “Contrat de quartier durable” des Marolles qui doit s’étaler de 2018 à 2024. Un projet dont l’impact, si on n’y prend garde, risque d’être autrement plus dommageable au caractère populaire des Marolles que les ambitions de galeristes parisien-nes.

Comme tout Contrat de quartier, celui des Marolles est censé impliquer les habitants du quartier à tous les stades du processus (diagnostic, projet, réalisation…). Un bien noble objectif. Oui, mais voilà : en organisant une première assemblée en juin, à la va-vite et en plein ramadan, puis en programmant deux « forums citoyens » à la toute fin du mois d’août et dans les premiers jours de septembre (soit entre les retours de vacances et la rentrée scolaire, à un moment où le commun des mortels à d’autres chats à fouetter), le Contrat de quartier s’est coupé d’emblée de la participation d’un nombre significatif d’habitants. Quant à la “COQ”, la commission censée représenter le quartier pendant les sept années du processus, elle fut constituée presqu’en catimini au mois de juin, sa première réunion s’est déroulée pendant les vacances scolaires, ses membres reçoivent les dates de réunion au compte-gouttes et les documents importants à débattre en dernière minute.

On voudrait rendre la participation impossible qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Car par nature, la participation est un processus qui nécessite du temps et des moyens, surtout dans un quartier populaire où bon nombre d’habitants ont des problèmes plus urgents à régler que de s’occuper d’aménagement urbain.

La faute à pas de temps ? Les délais fixés par les autorités veulent en effet que le bureau d’études désigné pour travailler sur le Contrat de quartier ait terminé son diagnostic pour la fin du mois de septembre, devant donc l’élaborer à toute vitesse pendant les grandes vacances. Quant au programme de base du Contrat de quartier, fixant les actions qui devront être réalisées d’ici à 2024, il doit être élaboré, passé en enquête publique et validé par la Ville de Bruxelles et la Région bruxelloise… avant le 31 mars 2018. Tout cela en à peine six mois !

Pour les habitants qui découvriront à partir de ce moment-là la dynamique qui est en marche, il sera trop tard pour la réorienter dans un autre sens. C’est donc aujourd’hui, maintenant qu’il s’agit d’aller mettre notre nez dans ce projet qui va conditionner et transformer notre environnement de vie dans les prochaines années, voire notre capacité à pouvoir rester habitant.e.s des Marolles.

Nous vous souhaitons une bonne lecture et de belles découvertes. Et si vous avez des textes ou des images à nous proposer, n’hésitez pas, le Pavé ne compte pas s’arrêter à ce premier numéro !

• L’équipe du Pavé (dans les Marolles)

Une pensée sur “Marollien-ne-s, mettons notre nez dans le Contrat de quartier !

  • 13 novembre 2017 à 11 h 22 min
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    S’il vous plaît, arrêtez l’écriture inclusive… Soyez cohérents. Ne faites pas vôtre cette débilité … parisienne , justement. L’écriture inclusive est une hérésie grammaticale, sociologique et c’est illisible. Comme le dit Serge Coosemans: Ça marche, les « conna.sse.rd.s » et autres « sauciss.e.on.s »?
    C’est ce qu’explique brillamment Peggy Sastre, elle-même féministe, sur Slate.com dans un papier intitulé « L’écriture inclusive, ça ne marchera jamais (et tant mieux) »

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