La pub, quelle crasse

Place du Jeu de Balle, par un bel après-midi d’automne. Alors que les camionnettes de Bruxelles-Propreté s’activent à nettoyer la place après le marché, un véhicule flanqué de l’inscription Eco’Street Communication s’arrête sur un coin de la rue Blaes. Un homme en descend. À l’aide d’un grand pochoir métallique et d’un karcher très puissant, il dessine sur le trottoir une publicité. En quelques instants, le tour est joué. Renseignement pris, il s’agit d’un « concept novateur » de « street marketing » qui se sert de la crasse urbaine comme support de publicité « écologique et éphémère » ! L’eau utilisée est non potable, affiche fièrement cette société, qui propose à ses clients une autre formule basée sur le même principe : la projection de peinture biodégradable au sol. Grâce à leur saleté, nos trottoirs, mais aussi les passages pour piétons ou les bancs publics, deviennent donc des espaces publicitaires gratuits, puisque c’est un vide juridique qui permet ainsi de polluer visuellement l’espace public à des fins commerciales, sous couvert d’écologie et de propreté. Le pire, c’est qu’au lieu de combler ce vide réglementaire, les pouvoirs publics commencent à confier des campagnes à Eco’Street Communication : la pub « karcherisée » sur le trottoir de la rue Blaes vantait le réseau wifi officiel de la Région de Bruxelles-Capitale. À quand des projections de peinture volatile pour afficher de la pub dans l’air ou dans l’eau de nos robinets ? Chut, on risquerait de leur donner des idées…

• Mr Bricolage

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