Espaces publics : la vie locale doit passer avant le tourisme !

Dans le programme du Contrat de quartier, le principal projet d’espace public consiste en “l’activation des rampes du Palais de Justice”, que la Ville souhaite végétaliser et piétonniser. Si on écoute l’échevin, l’idée lui aurait été soufflée par les habitants. Ce n’est pas du tout le cas. En pratique, ce projet va surtout augmenter les flux touristiques venant de la place Poelaert et des quartiers Louise-Toison d’Or, ce qui est aux antipodes des intentions élaborées dans le diagnostic et le dossier de base : “réaménager les intérieurs d’îlots en espaces conviviaux et sécurisants, intégrer des équipements récréatifs, ouvrir les îlots aux habitants du quartier” en les envisageant “comme des ‘sanctuaires’ pour les habitants, des lieux où les habitants peuvent retrouver un espace convivial à l’échelle du quartier et à l’écart des flux touristiques” (cf dossier de candidature).

La Ville compte dépenser 907.938€ pour réaliser une étude paysagère sur l’aménagement et la végétalisation des rampes (confiée à un bureau d’études), et une “activation temporaire des rampes”. Dans ce scénario, la Ville sera ensuite libre de mener à bien la suite du projet, en dehors des règles du Contrat de quartier fixées par la Région. Y compris en créant de mauvaises solutions (le retour des projets de parking souterrain ?) aux problèmes de mobilité que ce projet risque d’accentuer, puisqu’il ferait disparaître environ 150 places de parking (utilisés par des magistrats et des avocats, mais aussi par des riverains).

Le projet des rampes est d’autant plus néfaste aux objectifs du Contrat de quartier qu’il engloutirait à lui seul près d’un cinquième du budget total dédié aux espaces publics (4.926.132€), empêchant ainsi d’investir dans l’amélioration de plusieurs espaces publics de proximité ! Dans les “fiches projets”, seules 4 opérations sont prévues au profit de tels espaces publics (1.082.943€) : verduriser la plaine des Escargots, aménager l’entrée de l’école la Marolle (avec végétalisation du parking du commissariat), l’intérieur d’îlot rue Montserrat/rue des Prêtres, l’extérieur de l’îlot Lacaille-Fleuristes. Plusieurs opérations prévues ou évoquées ont disparu : les terrains de jeux de la rue Lacaille et de la rue de la Porte Rouge, les 5 rues de la cité Hellemans, les espaces à améliorer de toute urgence à l’intérieur et aux abords des “nouveaux blocs” rue Haute et rue Pieremans…

➔ Nous demandons l’abandon du projet d’aménagement des rampes du Palais de Justice afin d’utiliser ces 907.938€ à améliorer des espaces publics de proximité, qui servent aux habitants. Il faut réintroduire comme actions prioritaires les projets passés en “réserve” : l’aménagement de la venelle et de l’espace sous-utilisé rue Christine, du terrain de jeux rue Lacaille (espaces derrière l’école de la Marolle : en mauvais état, difficile à entretenir, mais rempli d’enfants chaque jour), de l’intérieur d’îlot rue de la Prévoyance, des 5 rues de la cité Hellemans, ainsi que les actions visant à améliorer les liens avec le parc de la Porte de Hal. Nous proposons d’y ajouter l’aire de jeux de la Porte Rouge, et la cour intérieure et les abords des “nouveaux blocs” (rues Haute-Pieremans).

➔ Ces projets d’aménagement doivent être menés en concertation avec les habitants, en privilégiant les processus participatifs et les associations de terrain plutôt que des bureaux d’études.

[ Références dans le dossier de base du Contrat de quartier : 3.2, 3.3, 3.4, 3.5, 3.8, 3.9, 3.11, 3.12, 3.13, 3.14, 3.15, 3.16 ]

(Photo principale : rue Pieremans, un des nombreux espaces publics “oubliés” par le Contrat de quartier)

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