Encore des trous, toujours des trous…

Boum. Grrrrrr. Tacatacatac. Marteaux piqueurs, grues, camions, secousses, tremblements et vrombissements. Ça creuse par-ci, ça casse par-là. La ville se transforme et les Marolles sont particulièrement exposées, ces derniers temps, aux chantiers les plus divers. Passants, empruntez la petite passerelle pour traverser. Voisins, protégez vos oreilles, oubliez le sommeil, calmez vos nerfs et déménagez si vous pensez à votre tranquillité. Commerçants, rien ne vous empêche de rester ouverts pendant les travaux… il n’y a qu’à espérer que la clientèle parviendra jusqu’à vous.

Par un hasard dû à l’actualité, le présent numéro du Pavé slalome entre différents chantiers en cours ou à venir dans notre quartier (on est loin d’être exhaustifs…). On nous annonce plic-ploc trois mois de fermeture de la rue Haute pour augmenter le niveau de tension électrique, deux ans de blocage de la rue des Renards pour démolir-reconstruire une maison plutôt que de la rénover, deux ans de travaux du côté des Brigittines pour construire des projets encore incertains alors qu’on ne touche pas à une tour présentant un état de dégradation avancé. Puis, il y aura deux autres années de chantiers du Contrat de quartier, qui compte notamment éventrer plusieurs rues pour les rendre “plus belles” tout en laissant toutes les autres dans leur état cabossé. Et la cerise sur le gâteau : à la lisière des Marolles, sept à neuf ans de chantier pharaonique qui vont bouleverser l’avenue de Stalingrad pour y enfouir à trente mètres en sous-sol une station de métro très controversée.

Certains de ces projets posent bien des questions. Sont-ils tous réellement nécessaires ? Ne peuvent-ils être mieux coordonnés, réduits à leur plus stricte utilité, pensés de manière légère et durable ? Le bien-être des habitants, la survie économique des commerçants et la vitalité du tissu social ne méritent-ils pas de pondérer cette soif de mutations urbaines lourdes, chaotiques, énergivores et dépensières ? Tout se passe comme si cette propension à faire et défaire, à bétonner et densifier la ville, était restée intacte malgré la prise de conscience qui se généralise sur l’état de notre planète, de notre santé et de notre économie. Comme si les pouvoirs publics n’avaient pris la mesure ni de l’urgence écologique, ni de l’impact négatif que créent pareilles nuisances sur la santé des citadins. Cela n’est pourtant pas une question réservée aux sommets mondiaux sur le climat. En région bruxelloise, on constate 5 ans d’écart d’espérance de vie selon que l’on habite un quartier riche ou populaire. Il est indispensable d’en tirer aussi les conséquences au niveau le plus local, celui d’une commune, d’un quartier…

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