Après les élections : changement de cap et de pratiques ?

Né peu de temps avant le lancement du Contrat de quartier Marolles, “Pavé dans les Marolles” a consacré pas mal d’articles à ce plan de rénovation qui verra près de 30 millions d’euros être investis dans le quartier d’ici 2024… Si les intentions initiales de la Ville de Bruxelles (“contrebalancer le phénomène de sablonisation et renforcer la position des Marolliens”), en mars 2017, puis le diagnostic établi par un bureau d’études (“établir un programme qui soit en phase avec les enjeux identifiés par et pour les habitants et usagers”), en janvier 2018, nous semblaient aller globalement dans un bon sens, il a fallu constater au final que le programme retenu par la Ville et adopté par la Région, en juillet 2018, s’en détournait dans les grandes largeurs.

Quant au processus censé permettre l’implication des habitants et des associations du quartier, ceux qui y ont participé s’en sont souvent détourné, lassés par le manque de respect et d’écoute dont faisaient preuve les responsables de ce Contrat de quartier chaotique. Pour rappel : quatre échevins et trois chefs de projet en à peine un an et demi. La dernière échevine en date (dont le récent tract électoral annonçait en gras : “Ma première qualité, c’est l’écoute”) ne faisait même pas semblant de s’intéresser au sujet, accumulant retards aux réunions des Commissions de quartier (CoQ), soupirs appuyés et consultation frénétique de son smartphone lorsque des habitants avaient la parole…

Pendant ce temps, le programme a suivi son parcours politique et administratif, qui s’est terminé l’été dernier par son approbation par la Région bruxelloise avec relativement peu de modifications depuis l’enquête publique organisée au printemps.

Récemment, les élections sont passées par-là. Une nouvelle majorité politique est en train de s’installer à la Ville de Bruxelles. Elle dit vouloir faire de la participation citoyenne un enjeu majeur de la législature.

Qu’est-ce que cela va changer concrètement au niveau du Contrat de quartier ? Les habitants du quartier vont-ils être réellement et largement informés et consultés avec des outils appropriés et un réel pouvoir de décision ? Ou bien les derniers d’entre eux qui participent encore aux CoQ (à la dernière en date : quatre habitants en début de réunion, deux à la fin) vont-ils continuer à ne pas disposer de choses élémentaires telles que : un calendrier des réunions, la possibilité d’intervenir dans les ordres du jour et dans le choix des projets participatifs, des informations reçues à temps sur les projets en cours…?

Quant au programme du Contrat de quartier, bien qu’adopté par la Région, il peut encore être modifié à la demande de la Ville. La majorité sortante a d’ailleurs déjà prévu de le faire. Le nouveau Collège fera-t-il en sorte de le rééquilibrer dans un sens plus social, de permettre aux associations du quartier d’enfin y trouver leur place, de modifier les projets les plus absurdes pour les rendre réellement bénéfiques au quartier et à ses habitants ?

Nous n’allons pas répéter ici tout ce qui a déjà été dit et écrit sur le sujet, et dont nombre d’éléments restent d’actualité, nous vous renvoyons pour cela aux précédentes éditions du “Pavé”. Dans ce numéro, nous nous attardons sur certains aspects problématiques du Contrat de quartier : alimentation (voir l’article), propreté publique (en lien avec la gestion des déchets du Vieux Marché : voir l’article) et participation (deux articles dans le numéro 5 : L’échevin de la Participation et Éloge de la Participation). En espérant pouvoir revenir, dans le prochain numéro, avec de meilleures nouvelles !

• Le Pavé

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